Texte et photos de François Gilanton (voir toutes ses photos du jour ICI)
Le fort Barraux, situé
sur la commune de Barraux en Isère,
constitue l'un des plus anciens forts bastionnés des Alpes encore
en l'état. La construction de ce fort, alors appelé fort de Saint-Barthélémy,
est commencée le 24 août 1597 par le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier pour
défendre l'entrée de la Combe de Savoie et l'accès à Chambéry contre des
attaques françaises venant de la vallée du Grésivaudan.
Celle-ci fait suite à la bataille de Pontcharra du 17
septembre 1591 lors de laquelle l'armée française commandée par Lesdiguières bat
l'armée du duc de Savoie Charles-Emmanuel. Malgré tout, la Savoie commence la
construction d'un fort bastionné sur les terres du royaume
de France dont l'achèvement est attendu par Henri
IV. Les troupes de Lesdiguières réussissent, le 15 mars 1598 et grâce
à un stratagème, à prendre le contrôle du fort dont la construction est tout
juste achevée. Le fort subit plusieurs modifications au cours du XVIIe siècle
avant d'être profondément remanié par Vauban de
1692 à 1698
Le fort a joué le rôle de
prison, notamment pendant la Révolution française et
pendant les deux guerres
mondiales. Le fort Barraux devient un des
principaux centres de séjour surveillé (CSS) du régime de Vichy pour la zone
sud entre 1940 et 1944. De 1940 à octobre 1942, le camp est spécialement
réservé aux internés politiques. D'octobre 1942 à juin 1944 il
devient un camp pour « repris de justices et souteneurs ».
Lors de ces deux périodes,
bien qu’étant successivement spécialisé dans l’internement des politiques puis
des droits-communs, le camp continue à « accueillir » des internés
issus des autres catégories (des droits-communs, des « marché
noir », des Juifs en transit). Des familles
juives étrangères y sont internées en août 1942 à la suite des rafles
organisées par le régime de Vichy, certains d'entre eux sont transférés à
Drancy puis déportés à Auschwitz. Ainsi plus de 4 000 personnes sont internées entre
1940 et 1944. Les derniers internés du CSS (des droits-communs) sont déportés
par les Allemands en juin 1944.
À la Libération, le fort
Barraux est à nouveau dévolu à l'internement. Ces internés sont principalement
des travailleurs volontaires de retour d'Allemagne, des suspects de
collaboration avec l'Allemagne et des « marché noir ». À la fin de
la Seconde Guerre mondiale,
environ 800 soldats allemands sont incarcérés au fort Barraux. Une
centaine d'entre eux meurent dans les premiers mois des suites d'un difficile
voyage, leurs corps sont enterrés à proximité du fort.
Désaffecté en 1985, le fort
Barraux est inscrit monument historique le 11
octobre 1988. Aujourd'hui, le fort, entretenu par la commune, sert pour
diverses occasions privées tels que des mariages ou galas et publiques tels que
des concerts. De plus, des visites guidées sont organisées régulièrement de mai
à septembre.
Texte et photos d'Anne-Marie de ContesAujourd'hui, cap sur la Savoie. Sans nous prendre pour l'armée de Lesdiguières,
nous partons à l'assaut du Fort Barraux.
Le soleil joue avec les nuages, la route est tranquille, les villages traversés sont
paisibles, la montée est cependant soutenue, puis elle fait place à un sentier
humide tapissé de feuilles mouillées et traîtres, douées pour cacher des cailloux
glissants.
Les arbres souvent moussus sont clairsemés et laissent entrevoir le Cernon,
torrent tumultueux au fond d'une gorge profonde.
L'ail des ours n'est pas encore fleuri mais son odeur est déjà bien prégnante. Les
fleurs printanières s'épanouissent : Violettes qui n'ont pas toujours la couleur
violette mais rose pâle, primevères et pâquerettes.
Les oiseaux chantent le printemps avec bonheur. Seul le bruit d'un hélicoptère
insistant trouble un moment la sérénité de notre marche.
Nous découvrons la cascade, spectacle superbe, qui se mérite. La traversée du
torrent est légèrement périlleuse et le sentier devient franchement piégeux,
propice aux glissades sur un mélange de boue, de feuilles et de cailloux. La pluie
de la nuit nous a préparé une belle épreuve.
Nous retrouvons avec soulagement la route bienveillante bordée de prés, où
l'herbe fraîche accueille des coucous et les premiers pissenlits, autant de jaune
émergeant du vert.
Une douce rencontre avant de clore cette belle randonnée, des ânes pacifiques,
mais attention ! Ne pas céder à la tentation de leur offrir quelque gourmandise.
Le fort massif se profile. Le but est atteint mais nous devrons attendre le mois de
mai pour qu'il nous ouvre ses portes.
Merci à François et Séraphine
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| Jean-Jacques a perdu son groupe 4 |
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| Roland mène le groupe 3 |
Texte et photos d'Edouard Disdichian
Aujourd’hui nous sommes sur les contreforts de la Chartreuse, côté Savoie.
Le départ est au village de La Palud à 466m au dessus de Chapareillan et de Barraux, sur la route qui mène au Col du Granier (1134m) .
Nos premiers pas nous mènent aux hameaux de Bellecombe (520m) et de Bellecombette (680m),où les côteaux sont cultivés de vignes, pour les vins blancs de Savoie, les Abymes, de cépage Jacquères, appellation qui tient son nom de l'éboulement d'une grande partie du Granier en 1248, et aussi la Roussette de Savoie, cépage Altesse ou des vins sans AOP avec des cépages de Chardonnay
de Pinot Noir ou encore de Mondeuse, que l’on trouve à Arbin, juste en face, tout cela pour accompagner un bon repas.
Après le passage au-dessus du torrent du Cerdon qui descend depuis les Rochers de l’Alpe à 1160m, dont les eaux sont gonflées par les dernières pluies et la fonte des neiges. Un chemin ardu et en sous bois nous mène à la passerelle de la Cascade du Furet, nous y retrouvons le groupe 1 qui traverse la passerelle avec force de cris d’encouragement car le passage est bien fragile et bien léger,
les smartphones immortalisent la scène puis nous traversons à notre tour sur ces branchages incertains.
Après une descente abrupte, aïe pour nos genoux, avec glissades garanties sur ce chemin gras, nous arrivons à Barraux, encouragés par des copains à grandes oreilles dans un pré ! Et enfin le but de notre randonnée, nous découvrons la masse de pierre du Fort Barraux à moitié dissimulé dans un écrin de verdure, gardien passé de la frontière entre les royaumes de France et de Savoie.
Merci à François pour avoir tracé cette randonnée, à Séraphine pour avoir guidé nos pas et à Nicole pour son œil bienveillant à la fin du groupe.
Photos de Bernard Misandeau (voir toutes ses photos du jour ICI)