17/01/2017 : Autour de Beaurepaire

Texte de Jacky Micoud (groupes 1 et 2), Photos de Pierre Labbe (groupes 3 et 4)
En ce mardi de froidure, je m'inquiète : les sentiers vont-ils être transformés en patinoire ?
Au départ de Lens Lestang pas de neige.
Petit détour pour aller voir la maison Arc en Ciel de Christian Guillard. Ce dernier, né en 1943, a d'abord été marin. Pendant des années il a bourlingué de par le monde. Puis il a ressenti le besoin de se poser. Il est devenu restaurateur, a tenu un bar et enfin une
boulangerie. Puis lui vint l'envie de créer. Dans ce genre de création on trouve souvent un facteur déclenchant : c'est à la suite d'un problème de droit de passage, des arbres ayant été coupés, ce qui avait laissé un vide insupportable à Christian. Très vite il a ressenti le
besoin de combler ce vide et, pour ce faire, il a commencé à accumuler
toutes sortes d'objets hétéroclites : poupées, peluches, drapeaux, outils agricoles etc... même un inventaire à la Prévert ne suffirait pas pour énumérer tout ce que l'on peut y trouver.
Cette surcharge décorative est une caractéristique bien connue de "l'Art Brut" exprimant en général un excès d'énergie. Appeler cela de l'art je ne suis pas tout à fait d'accord, mais cela n'engage que moi. Pour moi je considère cela comme une "folie obsessionnelle". Peut-être certains auront-ils une approche différente. Tous les goûts sont dans la nature !!
Christian Guillard aimait les rencontres. C'est une façon comme une autre de les provoquer. Il aimait dire que les gens qui s'arrêtaient repartaient contents. Il disait "je leur mets le sourire". Tous les soirs les objets craignant les intempéries sont rentrés pour être
ressortis le lendemain matin. Cet "artiste" a quitté notre monde le 24 décembre dernier. Paix à son âme.
Nous rejoignons le sentier nous conduisant sur le Plateau des Terres Blanches : là-haut un vent violent et glacial nous accompagne. Je comprends pourquoi des éoliennes sont en cours d'installation.
C'est avec plaisir que nous retrouvons l'abri de la forêt. Il est 11 heures 30. Lentiol nous ouvre ses portes. Un porche devant l'église nous servira de salle à manger. Comme tous les mardis c'est une orgie de gâteaux et chocolat avec toujours, pour la digestion, un petit
"fanafoud". Aujourd'hui ce sera du Genépi.
Midi sonne au clocher. Nous repartons. Nous avons besoin de marcher afin
de nous réchauffer. Après quelques 16 km et une dénivelée de moins de 500 m le car est en vue.
Au départ j'avais tort de m'inquiéter : nous avons toujours marché "en sécurité", pas de glissades intempestives. Merci à nos animateurs
Eliane, Denise, Jean-Claude et Roland.

A mardi si le cœur.......

Une partie du groupe 3 au pique-nique
Pique-nique du groupe 1-2


Les groupes 3 et 4 emmitouflés

La maison de Christian Guillard
Texte de Gisèle Rigal (groupes 3 et 4)
Depuis quelques années (2010) on nous parle de" température ressentie"... Ressentir un sentiment, un trouble heureux ou doux de l'âme je veux bien mais la température ? Et puis il y a" les vagues de froid"... et la recherche d'un nouvel ennemi, sans papier, venu d'ailleurs Laponie, Sibérie" le vent".
Il attrape, balaie nous fauche sans qu'on le sache notre couche d'air chaude qui enveloppe notre corps. A l'attaque...tous aux abris...ou soyons courageux, fuyons ? Mardi, avec les copains on n'a pas battu en retraite mais bon, à sept heures on n'en menait quand même pas large.
Comment croire que le soleil allait se lever,
Qu'il ferait chanter la mer
Et la poussière du désert
Qu'il serait par dessus les nuages
Et danserait là haut sur les glaciers... J'ai froid aux pieds!

Qu'il ne tient pas ses promesses
Et ne nous sert pas dans ses bras
Que le coeur il ne nous réchauffe pas
Et de tous ces intrus ne nous débarrasse pas...tristesse, grisaille, brouillard.

On est tous dans nos petits souliers,
Quand soudain tout s'éclairci alors nous, en moins de deux, on troue les nuages, on traverse le froid, on transperce le verglas
Vous n'êtes pas obligés de nous croire, on mange le vent, la vague de froid tout y passe et les ressentis avec.
Aimer marcher d'un pas sûr et puis, et puis devenir paysage, vent, reflet d'argent. Si !
Se bercer de nos rires, chercher la saveur de nos gamelles chaudes...et reprendre
le chemin. Il a fini par nous ramener tous sains et saufs, c'était pas la fin du monde.

10/01/2017 : Peyrus

Texte de Jacky Micoud (groupe 3), Photos de Pierre Labbe (groupe 4)
En ce mardi 10 janvier la trêve de Noël et du jour de l'an est terminée : c'est la reprise. Temps plutôt tristounet. La question est posée : neige ou pas neige ?

Le petit village de Peyrus, situé dans les Monts du Matin, nous ouvre ses portes. Sa particularité étant de posséder deux églises. La plus ancienne, celle de l'ordre de St Benoit, a été construite au XII ème siècle, elle-même bâtie sur des ruines gallo-romaines. Un curieux détail architectural : l'autel et le chœur sont déportés sur la gauche au lieu
d'être dans l'axe de la nef. Depuis 1964 elle est classée aux Monuments historiques.

La 2 ème église du 17 ème siècle, appelée "l'église du vœu", est l'une des 14 églises construites par Louis XIV à la suite d'un vœu fait par Louis XIII, celui de lui avoir donné un héritier. Particularité de cette dernière : le portail se trouve face au levant et le chœur face au couchant. Elle possède un important retable et un bas relief polychrome du XVI ème. (j'espère que nous pourrons voir tout cela lors d'un prochain passage).
Peyrus est connu pour ses célèbres tufières. La pierre de tuf a été utilisée pour la construction de l'église St Pierre mais également pour l'Abbaye de Léoncel et, bien sûr, pour une grande partie des maisons du village.

Le départ se fait sous un petit crachin breton. La cape est de mise. Le sentier est légèrement enneigé mais rien de bien méchant. Nous aurons le loisir d'admirer les belles collines drômoises mais, bien vite, le brouillard devient le maître des lieux.
Pour la pause déjeuner nous avons la chance de trouver une terrasse
couverte. Malgré la grisaille l'ambiance est joyeuse.

Pour repartir toujours une petite bruine. Bientôt le car bien chaud est en vue.

Robert il faut que tu nous re-proposes cette randonnée car il manquait un petit quelque chose ? Bon sang mais c'est bien sûr : le soleil !!!!
(je passe sous silence le parking, je ne voudrais pas retourner le couteau dans la plaie).

Groupe 4

Groupes 3 et 4

Paysage d'hiver
Texte de Régine Dupuy (groupe 2, adoptée ce jour-là par le groupe 1)
Ouille ! Les essuie-glaces ont entamé leur ballet monotone, c’est mauvais signe. Notre conductrice a enfin réussi à nous caser dans une station-service désaffectée et nous voilà partis, à petits pas, sur le sol à peine enneigé mais déjà glissant. Ce n’est pas Mardi Gras mais je suis quand même déguisée en « sac poubelle», pluie oblige.

Christian mène avec allégresse notre groupe 2 mais la plupart ayant courageusement rejoint les groupes 3 ou 4, nous nous retrouvons… 3. Que faire ? Lors d’une pause, le groupe 1 nous invite à les rejoindre, ce que nous faisons avec quelque appréhension, serons-nous à la hauteur ?

Tout a été parfait : le rythme donné par notre jovial et toujours content Robert ; la gentillesse de Christian ; le parcours, modifié vues les conditions météorologiques, clément sous nos pas dans les descentes et que dire du repas ! Des troncs bien placés ont accueilli nos ripailles : qui fêtant son anniversaire ou l’arrivée de la nouvelle année ou la joie d’être avec les copains…  toutes les occasions ont été bonnes pour goûter bons vins, papillotes, gâteaux et surtout le délicieux nougat glacé de Marie-Pierre.
Nous avons ensuite un peu visité  toutes les campagnes pour éliminer, remuscler nos mollets et nous sommes arrivés bons derniers.

J’espère que les autres groupes ont passé d’aussi joyeux moments de marche et de convivialité.

Merci à tous les « 1 » qui nous ont gentiment accueillis et m’ont « requinqué » pour attaquer, avec le sourire, une nouvelle année.

Texte de Gisèle Rigal (groupe 4) 
On traverse l'horizon de brume et d'ombre bleue, on dépasse les maisons on monte à travers un chemin creux, on ne pousse aucune mémère dans les orties on mord un peu sur les prairies, les taillis on est heureux de faire nos premiers pas dans la neige... On bondit dans la campagne, on chasse la beauté embusquée ou innocente qui s'étale à nos pieds. Elle tient nos cœurs à pleines mains et je me dis que chaque jour suffit une couleur, un rire, une joie...
Des chiens affamés pas assez harassés de fatigue hurlent et voudraient nous suivre. Mais qu'est ce qui les fait crier derrière les barbelés, pattes sur le grillage. Ils pleurent, gémissent, supplient ? Leur cœur flambe, leur bouche est sans joie et du bout de leurs babines semble couler une liqueur amère...
Nous on ne fait que passer, peuvent pas se la fermer, se la jouer discrets, aller se planquer dans leur tanière pleine de courant d'air... pas d'yeux pour eux ou alors vite fait en coin et voir malgré nous leurs yeux à eux troublés. S'approcher, voir leur compagnon le nez dans la terre glacée. Il dort encore à quatre pattes d'une mort sans repos.
Où est sa pauvre âme nue sans corps pour la soutenir, sans corps pour la réchauffer, sans corps pour se souvenir et sans corps pour se réfugier.
On est passé, on a fini de partager le ciel, les brumes on peut dire "regarde, que c'est beau" mais la douleur... Il faudra laisser refleurir les roses, le vent respirer, les arbres s'étaler, la douleur s'ajouter aux autres... De plus en plus, tout de même il m'arrive de penser que la vie pousse le bouchon un peu loin!